Les applications dans leur contexte socio-économique

Disposer d’organismes que l’on aura structurés par ingénierie moléculaire dans l’objectif d’exprimer des caractères définis, qui s’apparenteraient ainsi à des « usines cellulaires », ouvre des possibilités d’applications dans un grand nombre de domaines.
Il pourra s’agir de synthétiser des molécules dans des conditions qui mobiliseraient moins de ressources et moins d’effluents, par exemple. Ou alors de fabriquer des microorganismes qui détecteraient un polluant ou une espèce pathogène. De ces nombreuses applications, certaines ont déjà franchi des étapes qui les rapprochent d’une industrialisation, d’autres sont encore au stade du laboratoire, voire du domaine de la spéculation.
 
 
Sur le site de l’Observatoire nous traiterons ainsi des grands secteurs d’applications suivants:

  • Chimie/Matériaux
  • Energie
  • Agriculture
  • Environnement
  • Applications en santé
  • Défense/Armement
En outre, comme cela s’est déjà produit pour d’autres technologies, on peut penser qu’au côté de ces applications liées à de grands secteurs d’activité, d’autres pourraient apparaitre, simplement du fait de l’existence de clients potentiels.

Le chemin est long entre les perspectives ouvertes par une recherche de laboratoire et son apparition sous la forme d’une application commercialisable. De nombreuses questions se posent. Certaines sont génériques, d’autres ont une déclinaison particulière par secteur :
 
  • Bénéfices sociétaux de ces technologies : Y a-t-il un bénéfice environnemental substantiel ? La biologie de synthèse pourra-t-elle jouer un rôle important dans le développement de technologies vertes répondant mieux aux défis environnementaux ? Quels progrès permettra -t-elle en matière de santé ? De façon générale, pourra-t-on évaluer l’impact d’une application sur l’amélioration du bien être par des indicateurs objectifs ?

  • Aspects économiques : Quels sont les effets sur les coûts de production, sur la demande, sur l’emploi ? Comment éviter la constitution de monopoles ? Quel effet sur les équilibres économiques actuels, et quel impact sur les autres secteurs économiques que ceux de l’application elle-même ? Ces applications entraineraient elles une appropriation du vivant par des intérêts privés ?

  • Maitrise des risques : Quels seraient les éventuels dangers nouveaux, pourra-t-on les comparer à ceux des techniques existantes (santé, environnement, travail) ? Y a-t-il des risques spécifiques à chacune des formes de la biologie de synthèse ? Sera-t-il besoin d’élaborer de nouvelles méthodologies d’évaluation des risques ? Comment pourra-t-on identifier les incertitudes de chacune des techniques ? Comment instituer un contrôle démocratique fiable pour ces technologies, en identifiant celles qui auraient la potentialité d’être dangereuses ?

  • Certaines applications soulèvent des questions philosophiques et éthiques, comme le débat sur le bien fondé d’instrumentaliser ou d’artificialiser encore plus la nature. Des questions éthiques ou philosophiques spécifiques pour un secteur donné pourront également se faire jour.


N.B. : Ce texte est un document de travail qui pourra donc évoluer et être complété ou amendé.